CANTO PASTORAL
Devo cantar um canto pastoral, invocar Pan, deus dos ventos do estio. Guardo o meu rebanho, e Selenis o seu, à sombra redonda de uma oliveira trêmula.
Selenis está deitada na relva. Ela ergue-se e corre, ou procura cigarras, ou colhe flores e verduras, ou lava o rosto na água fresca do regato.
Arranco a lã ao dorso louro dos carneiros, para prover à minha roca -- e fio. As horas são lentas. Uma águia passa no céu.
A sombra gira; mudemos de lugar o cabaz de flores e a jarra de leite. Devo cantar um canto pastoral, invocar Pan, deus dos ventos do estio.
CHANT PASTORAL
Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan, dieu du vent d’été. Je garde mon troupeau et Sélénis le sien, à l’ombre ronde d’un olivier qui tremble.
Sélénis est couchée sur le pré. Elle se lève et court, ou cherche des cigales, ou cueille des fleurs avec des herbes, ou lave son visage dans l’eau fraîche du ruisseau.
Moi, j’arrache la laine au dos blond des moutons pour en garnir ma quenouille, et je file. Les heures sont lentes. Un aigle passe dans le ciel.
L’ombre tourne : changeons de place la corbeille de figues et la jarre de lait. Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan, dieu du vent d’été.
***
PALAVRAS MATERNAIS
Minha mãe banha-me no escuro, veste-me ao sol a pino e penteia-me na luz; mas quando saio ao luar, ela aperta-me o cinto e faz um nó duplo.
Ela me diz: "Brinca com as virgens, dansa com as criancinhas; não olhes pela janela; evita a palavra dos rapazes e teme o conselho das viúvas.
"Uma noite, alguém, como acontece a todas, virá buscar-te à soleira da porta, com um grande cortejo de tímpanos sonoros e flautas amorosas.
"Nessa noite, quando partires, Bilítis, tu me deixarás três odres de fel: um para a manhã, outro para o meio-dia, e o terceiro -- o mais amargo -- o terceiro para os dias de festa".
PAROLES MATERNELLES
Ma mère me baigne dans l’obscurité, elle m’habille au grand soleil et me coiffe dans la lumière ; mais si je sors au clair de lune, elle serre ma ceinture et fait un double nœud.
Elle me dit : « Joue avec les vierges, danse avec les petits enfants ; ne regarde pas par la fenêtre ; fuis la parole des jeunes hommes et redoute le conseil des veuves.
« Un soir, quelqu’un, comme pour toutes, te viendra prendre sur le seuil au milieu d’un grand cortège de tympanons sonores et de flûtes amoureuses.
« Ce soir-là, quand tu t’en iras, Bilitô, tu me laisseras trois gourdes de fiel : une pour le matin, une pour le midi, et la troisième, la plus amère, la troisième pour les jours de fête. »
***
OS PÉS DESCALÇOS
Tenho cabelos negros, soltos pelas costas, e um pequeno barrete redondo. Minha camisa é de lã branca. Minhas pernas firmes tisnam-se ao sol.
Se eu morasse na cidade, teria jóias de ouro, e camisas douradas, e sapatos de prata...Olho para meus pés nus, calçados de poeira.
Psophis! vem cá, minha pobrezinha! leva-me até as fontes, lava-me os pés nas tuas mãos, e esmaga olivas com violetas para perfumá-los sobre as flores.
Hoje, serás minha escrava. Hás de seguir-me e servir-me, e ao fim do dia dar-te-ei lentilhas do jardim de minha mãe, para a tua.
LES PIEDS NUS
J’ai les cheveux noirs, le long de mon dos, et une petite calotte ronde. Ma chemise est de laine blanche. Mes jambes fermes brunissent au soleil.
Si j’habitais la ville, j’aurais des bijoux d’or, et des chemises dorées et des souliers d’argent… Je regarde mes pieds nus, dans leurs souliers de poussière.
Psophis ! viens ici, petite pauvre ! porte-moi jusqu’aux sources, lave mes pieds dans tes mains et presse des olives avec des violettes pour les parfumer sur les fleurs.
Tu seras aujourd’hui mon esclave ; tu me suivras et tu me serviras, et à la fin de la journée je te donnerai, pour ta mère, des lentilles du jardin de la mienne.
Fonte: Guilherme de Almeida (trad.) Pierre Louÿs. O Amor de Bilítis. Rio de Janeiro: José Olympio, 1948.

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